Les sites naturels sauvages, les zones côtières et les îles sont particulièrement vulnérables au tourisme de masse. Telle est une des conclusions du rapport  sur le sur-tourisme en Europe écrit pour le parlement européen en janvier 2019 sur demande du Comité TRAN (transport et tourisme). Le rapport est téléchargeable gratuitement en intégralité (mais en anglais) le site du parlement européen.

Les îles Canaries y sont citées plusieurs fois et la première phrase de l’article résume tout à fait les enjeux et les contraintes du sur-tourisme. Autant le rapport conclut qu’il n’y a pas de recette magiques et que chaque zone touristique à ses propres atouts et défauts, autant, il est clairement écrit que :

  • le sur-tourisme est bien plus large que la surpopulation liée au tourisme : il y a une vraie pression sur l’environnement, le climat social, l’économie, les aspects psychologiques et politiques liés aux effets de seuils et de dépassement des capacité.
  • le sur-tourisme n’est pas encore correctement pris en compte par les autorités locales concernées et souvent, c’est, au mieux, un sujet inscrit sur les agendas.
  • le souhait de toujours accueillir plus de visiteurs est la raison du sur-tourisme même si elle est rarement questionnée. Optimiser les bénéfices liés au tourisme serait préférable à la croissance touristique à tout prix

Les impacts du sur-tourisme sont nombreux et divers :

  • Impacts environnementaux : hausse de la pollution, développement d’infrastructures dédiées, pollution visuelle, congestion des infrastructures, sur-population et endommagement des sites naturels, historiques et architecturaux
  • Impacts économiques : inflation, dépendance économique au tourisme, coût des infrastructures, perte d’accessibilité aux infrastructures pour les locaux, dégradation de l’image de la destination
  • Impacts socio-culturels : dégradation des infrastructures et des activités en direction des résidents, touristification des zones résidentielles, marginalisation des locaux, hostilités contre les touristes, baisse de la sécurité perçue à cause des comportements et incivilités des vacanciers, modification des activités basé sur l’intérêt commercial que représente le tourisme, perte d’identité culturelle.

Par rapport au rapport sus-cité, l’archipel des Canaries a 2 indicateurs de risques qui sont au maximum. La destination souffre de ses atouts : être listé au patrimoine de l’UNESCO, être un ensemble d’îles, avoir des zones rurales peu habitées, disposer d’aéroports internationaux et de ports de croisières. Sont de plus, pointés du doigt : la densité de tourisme, l’intensité du tourisme, la hausse du trafic aérien, la part du tourisme dans l’économie locale.

Pour ces raisons, l’archipel des Canaries a été classé comme zone à haut risque de sur-tourisme.