La Calima

Il y a toujours du vent aux Canaries. L’archipel étant situé en plein océan Atlantique, il n’y a rien pour le stopper. Brise de mer, effet des montagnes et bien sûr l’incontournable Alizé qui souffle du nord-est vers le sud-ouest et qui est bien connu des navigateurs.

Mais il y a aussi la Calima. C’est un vent épisodique chargé de sable qui vient tout droit du Sahara situé à 100km à l’Est. Plusieurs fois par an, lorsque les bons paramètres météorologiques sont réunis, des tempêtes de sable et de poussière arrachent du sol africain toutes les petites particules et les emmènent au dessus de l’océan jusqu’à l’archipel des Canaries. En France, on connaît ce phénomène sous le nom de Sirocco (même si le Sirocco est bien moins important que la Calima).

Ce sont surtout les îles de Gran Canaria, Lanzarote et Fuerteventura qui sont les plus touchées. Parfois, même, le sable du Sahara peut traverser l’océan et se retrouver aux Caraïbes. La plupart du temps, le sable ne voyage pas aussi loin et plonge dans l’océan ou élit domicile sur les dunes de Maspalomas ou de Corralejo.

 

Ce phénomène est fréquent mais variable suivant les saisons et la Calima d’hiver est plus contraignante car elle reste dans les couches basses de l’atmosphère : les Canaries se trouvent alors baignés dans une lueur jaune / orangée qui fait la joie des photographes lors des épisodes les plus importants. Le ciel se voile et la température est un peu plus élevée que d’habitude.

Lors de forts épisode de Calima, la température monte de façon sensible et la brume s’installe franchement et fait baisser la visibilité de façon importante. Il arrive que la Calima se déplace en banc et on peut alors franchir des bancs de Calima qui alternent avec des conditions météo habituelles. La différence de température est alors facile à ressentir.

La faune et la flore pâtissent de ces conditions météorologiques inhabituelles. Lorsque la pluie s’en mêle, on assiste à des « pluies rouges ».

La Calima n’est pour autant pas apprécié par les locaux. Le sable s’insinue partout dans les habitations et le brouillard et la bruine qui lui sont  associés ne font pas bon ménage avec les poumons fragiles (la Ventoline se vend sans ordonnance en pharmacie pendant la Calima). La vie locale doit aussi ralentir et il arrive que les aéroports ferment lorsque la visibilité devient vraiment trop mauvaise. Parfois, viennent avec les vents violents des insectes ravageurs ou des oiseaux migrateurs.

Avec le réchauffement climatique, les épisodes de Calima sont plus fréquents et plus intenses.

Il n’est pas possible de prédire longtemps à l’avance les épisodes de Calima, et il ne sert à rien de tenter de baser ses vacances aux Canaries en fonction de ce paramètre. Lorsque la Calima est là, c’est pour 3, 6, 9 jours… Les habitants des Canaries lisent dans la presse quotidienne les venues de la Calima et certains arrivent même à le sentir arriver quelques jours auparavant.