Les Canaries sont une destination touristique depuis… longtemps. Déjà les grecs dans l’antiquité puis les explorateurs du Nouveau-Monde en louait le climat propice à la santé et au bien-être. Ce sont tout particulièrement les affectations cutanées, les rhumatisme et les troubles pulmonaires avec la tuberculose en particulier qui sont pointés du doigt et surtout leur guérison par une exposition au climat canarien (qui est, pour rappel, le meilleur climat du Monde).

Des médecins abondent en faveur des Canaries tels que MacKenzie, Marcet, ou Cotteau. Les plus raisonnables mettent cependant en garde leurs patients : la guérison ne se fait pas toute seule et il faut l’aider. Enfin, toutes les maladies ne sont pas soignées aux Canaries.

Suivant l’avis des médecins embarqués à bord des expéditions scientifiques, la communauté médicale européenne conseille alors à ses malades les plus fortunés des cures de soleil, de grand air et des bains de mers sur les Iles Canaries. Car pendant qu’il fait froid sur l’Europe, le soleil brille aux Canaries et les températures sont clémentes. Ces séjours de convalescence en « station d’hiver » entraînèrent dès le 19ème siècle les premiers « vrais » touristes sur les rivages de l’archipel. Et puis le 19ème siècle, c’est aussi le développement de l’hygiénisme et les classes supérieures sont invités à changer d’air et de lieux de villégiatures en fonction des saisons.

En 1861 le comte de Belcastel fait l’éloge d’une destination incontournable : la Vallée de la Oratava. Un sanatorium y sera construit en 1886.

Se développa alors tout un ensemble de prestations autour du tourisme médical avec hôtel, bains et soins à l’eau de mer, balade dans la nature et exposition au grand air. Du côté des soins, les plantes locales à vertu thérapeutique était naturellement utilisées et les cures proposées aux patients leur permettaient autant de se ressourcer mentalement que de guérir de leurs maladies.

C’est histoire ancienne liée à l’accueil et à la prise en considération des étrangers de passage a fortement marqué l’hospitalité canariene et le tourisme local.

À ne pas confondre avec d’autres tentatives moins fructueuses comme le projet de léproserie d’Abadès sur l’île de Tenerife : ce gigantesque chantier devait permettre de cantonner les lépreux du temps de Franco. Mais les progrès de la médecine ont donné un coup d’arrêt à l’ensemble des bâtiments, qui, depuis, se détériorent lentement.